11 juin 2007

Législatives : la cohérence

On a tellement dit aux gens d'être cohérents dans leur vote ("vous avez voté Sarko, donnez-lui une majorité") que... ça a marché ! Pour répondre à la méthode Coué, les "Thénardier" du PS ont battu un record d'anaphores, une figure de rhétorique pourtant réservé au leader Minimo, anaphores bien sûr inutiles : pas les moindres antanaclase, chiasme ou litanie qui auraient pu mettre un peu de baume apaisant au coeur de ce qu'il faut appeler une nouvelle défaite historique d'une gauche qui aurait dû gagner ces élections haut la main, et qui a été dans la défaite encore minable avec ses dénégations d'enfant. Comme personne n'avait un soir de 2002, dit à Jospin qu'il avait perdu, il semble que personne n'a prévenu Ségolène de la défaite ! Il va falloir le faire et vite. Le "responsable mais pas coupable", ça ne marche pas tous les jours.  La forte abstention concerne la gauche, elle est la traduction d'une grande lassitude. Une grande partie des électeurs a pu enfin dire non à cette gauche qui n'a pas convaincu. Nicolas Sarkozy, lui, il se contente de poursuivre sur son erre.
La cohérence voudrait maintenant que la gauche fasse un bilan du peu d'enthousiasme qu'elle a suscité pendant cette campagne. En choisissant de nouveaux leaders. Et vite... car les journalistes consacrent déjà dans de nombreuses rédactions à jouer à un jeu cynique : quand s'arrêtera la fin de l'état de grâce de Sarko ?

Les moins optimistes disent que les choses pourraient commencer à se dégrader dès novembre...

Jean-Laurent Poli (jl.poli@free.fr)

Posté par France moins J à 10:45 - - Permalien [#]