19 mai 2007

J+27 : changer d'âne

Il y maintenant plusieurs semaines, nous nous étions intéressés dans cette campagne passionnante au mouvement dit des "Gracques". Un des leaders de ce mouvement était Jean-Pierre Jouyet, ex-numéro deux de Jospin et proche de Séghollande. Depuis sa nomination au gouvernement d'ouverture (au néant?) de Sarkozy, la presse enthousiaste acclame sa participation, semblant oublier deux points capitaux :

- Si monsieur Jouyet a bien été un proche des Thénardier (appelation hilarante utilisée par l'écrivain Franca Maï pour désigner le couple de tenanciers du PS), il avait été écarté de toute responsabilité de campagne par ceux-ci. C'est sans doute la raison qui l'avait alors poussé à fonder ce sympathique mouvement de hauts fonctionnaires favorables à François Bayrou qu'étaient (que sont?) les "Gracques". Qu'on me suive bien (enfin lui, surtout, parce qu'il est assez difficile à "tracer") : Monsieur Jouyet, leader des "Gracques", ancien pilier du système Jospin, a avant le premier tour appelé à la fondation d'un grand mouvement centriste et donc à se rapprocher de François Bayrou.

- Monsieur Jouyet semble avoir de nouveau changé d'avis puisqu'il est devenu membre du gouvernement Sarkozy, bien que de gauche, rejoignant les ouverts indécis ou les déçus indécis de gauche ou les recalés des bons coups, ou les privés du plaisir de pouvoir faire le bonheur de la France... En mai fais ce qu'il te plaît !
Une certitude : la politique européenne de la gauche sera bien défendue dans ce gouvernement de droite. Quant à l'atlantisme de Koukouch Panier, on ne pouvait espérer mieux, le médecin sans frontières ayant, on s'en souvient, déplacé les frontières et dépassé les bornes en appelant à la guerre en Irak (ne pas l'oublier celle-là même si une aura de bienfaisance entoure le french doctor).

Pour quel motif la presse feint-elle d'oublier le parcours de Jean-Pierre Jouyet ou, en tout cas, ne s'intéresse-t-elle nullement à la question ? Il n'y a, semble-t-il, aucune raison de s'indigner d'un changement de camp de dernière minute, depuis quelques semaines. En d'autres temps elle ne s'était pas plus alertée de l'abandon de Ségolène par Kouchner pour Bayrou à une semaine du premier tour. Le Président de la République a donc su avec une intelligence politique dont on le pensait incapable récupérer les miettes.
Pourquoi ? Je vais vous le dire : y a que les imbéciles qui changent pas d'avis !

C'est même très tendance, le désaveu de tout ce en quoi l'on croit ! et cela nous invite fortement à soutenir les candidatures vraiment libres.

Jean-Laurent Poli

Posté par France moins J à 17:08 - - Permalien [#]